Ce qui est bien dans une voie dure qu'on vient d'équiper, c'est d'être sûr de patiner dedans à la recherche des méthodes. Du coup on y passe des plombes, on se tue la peau des doigts et quand enfin on se souvient des méthodes péniblement trouvées la fois d'avant (car la pluie a effacé les marques et qu'à mon age on perd la boule), on arrache la prise clef !!!  ça c'est ma pomme dans la migration des pingouins...Suivi 1 seconde plus tard, d'un paquet d'insultes visant ce caillou de m...tout pourri; que même avec un couche de sika dessus ça pète comme du verre... Bon 10mn après un autre mouv voit le jour mais du coup à P3 c'est vraiment super dur. Ensuite le milieu se fait bien et il ne faut re-accélerer que sur 4-5 mouv en haut (même si après cela reste bien bien soutenu). Pour la cotation, maintenant c'est sûr que ce sera vers 8a/+.

Coté nouveautés la voie entre les 2 cirques est quasi finie; et finalement a priori pas besoin de larciner en haut. Je mettrai bien un maillon au milieu car il y a vraiment quelques mètres hyper faciles entre les 2 bouts et donc le 1er bout peut être un objectif à lui tout seul. En bas les mouvs ont été faits et c'est vraiment bien bien dur tout du long (avec un gros ? pour les mousquetonnages...)

La tentation sera évidemment forte de taper cela en moul...Mais pour celle ci (comme pour d'autres) il y a un océan entre faire ça en moul avec 2 points de renvoi et la faire en tête en mousquetonnant chaque point...

Et voila c'est reparti pour la grinche...Ou plutôt pour poser La question essentielle en escalade dalleuse/raidasse. Doit on coter une voie en moul (sous entendu, on run et on ne tient donc compte que de la difficulté proposée par le caillou) ou bien doit on la coter en tenant compte des stops obligatoires (enfin pas forcément obligatoires...si on accepte la prise de risque de tomber...et de s'écraser par terre) pour mousquetonner (et je ne parle pas du fait qu'un bonne séquence dalleuse un tantinet aléatoire -même calée à la perfection- ne se fait pas pareil loin du point ou avec la corde au dessus de soi!!!!). Entre les 2 approches il y a parfois un monde car le pas dur peut être justement de mousquetonner...

Sinon on a trainé de ci de là à la combe, en refaisant des voies faites il y a des décennies (oui vous avez bien vu le pluriel; bon je pousse un peu car on les avait faites il y a...20 ans...déjà...bref quand on était encore jeune...Bouhhhh). Au programme Aérosmurf, Haute Tension et Patchwork dans le niveau 7.

La première se fait bien en moul mais est limite dangereuse en tête car outre que le 1er point du dévers est hyper dur à mettre -la reglette/marche- dessous n'étant visiblement plus de la même taille qu'avant, le mouv sur l'inversé est bien dur et la gamelle est bof bof; je ne parle même pas de la fin: certes pas très dure, mais les points sont à "rouasses" et sans traces, ce n'est pas glop du tout...car on est dans du bien péteux. Néanmoins globalement c'est sympa et elle vaut toujours le détour.

Haute tension vaut bien son 7c et reste une ligne majeure. Je mettrai un seul bémol; j'adore les sections pas très dures mais j'aime bien moins tous les bons pas de blocs (un quasi à chaque point) qu'on doit se farcir après ce départ bien soutenu...Bref, là je fais clairement mon vieux...C'était mieux avant ma brave dame...

Patchwork. La L1 avait cassé. Ca passe toujours et donne (je pense) un 7c+ assez atypique de la combe (on est toujours en rupture sur des vertis et ça donne une escalade très physique et dynamique). Bon l'équipement est du coup à revoir car il manque un point au centre (et celui d'avant est un chouille trop haut) mais ce qui est fondamental c'est que c'est une top longueur. Ensuite la L2 commence doucement (tout en étant de suite bien en fermeture) et cela s'énerve vraiment au dessus de la colo. Là aussi 1 ou 2 prises clefs ont cassé mais avec des petites mimines ça passe, c'est visiblement bien classe et hyper dur (le plus dur n'est plus de tenir le mono/bi mais de bouger en dessous et d'aller le chercher). Cela plait beaucoup au nain mais cela fait un sacré projet car il va faloir bosser pour arriver frais au dur; pour la cotation, cela reste à voir mais le b est un minimum.

Enfin, j'ai beaucoup aimé le 6c (bon 6c; le plus dur de la combe?) à gauche de Label Bleu (je perds la tête, je ne me souviens plus du nom et j'ai la flemme de le chercher sur le blog de Jeanjean -que voulez vous, quand on est vieux on devient fainéant-). Un vrai condensé de la combe en une seule voie. Tout y passe: de la fissure old school,  une conque énigmatique, des passages pas trop durs mais un peu avariés (pas trop) et végétal (pas trop non plus) et cerise sur le gateau: une bonne dalle en final (bon attention, la haut les prises étaient remplies de terre bien humide; j'ai tout renettoyé mais avec les moyens du bord; alors ça n'est pas hyper clean et comme ce n'est pas facile du tout, on aimerait que ça le soit...).